LA SOPHROLOGIE

PAR ALFONSO CAYCEDO

La sophrologie a été fondée à Madrid en 1960 par le professeur Alfonso Caycedo, médecin neuropsychiatre.

Désireux d’élaborer une méthode à la fois rigoureuse et simple pour amener tout un chacun à vivre de manière plus équilibrée dans son corps et dans sa tête, il a opéré une fusion entre des techniques orientales (le Yoga (Inde), le Bouddhisme traditionnel (Chine et Tibet), le Zazen Japonais) et des approches occidentales (le training autogène de Schultz, la relaxation de Jacobson).

La sophrologie est empreinte du courant phénoménologique (initié par Husserl).

C ‘est la science des phénomènes, des vécus, qui permettent de revenir à la chose même, sans préjugé, sans idées reçues.
C’est également de la psychologie humaniste (initié par Carl Rogers), qui permet l’accueil inconditionnel de la personne, dans ce qu’elle vit « Ici et Maintenant ».

C ‘est une méthode qui repose entre autre sur les neurosciences, (dont le progrès et les découvertes confirment de jour en jour le principe fondamental de la sophrologie, à savoir que l’esprit et le corps ne font qu’un et que si l’un va bien, l’autre se portera à merveille aussi), la biologie, sur des exercices concrets qui aident à apprendre à ressentir ses sensations physiques (donc mentales) et à les réduire et/ou à les gérer.

La sophrologie est une discipline du domaine des Sciences Humaines visant à renforcer les structures saines de la personne par des techniques de relaxation dynamique, de respiration et de visualisation positive.

La sophrologie est un apprentissage de l’écoute de son corps, de ses émotions…

La sophrologie c’est tout cela, mais bien plus encore.

C’est une source de découverte, une source de bien-être, une philosophie de vie, une main bienveillante que l’on tend à soi-même.

Mais au delà de toutes ces explications, la sophrologie c’est quelque chose qui d’abord se vit, se découvre, se pratique.

C’est seulement ainsi que chacune et chacun pourra comprendre ce qu’est la Sophrologie et s’en faire sa propre définition.

LA METHODE ET LES TECHNIQUES

Les outils de la Sophrologie sont simples mais efficaces et s’intègrent parfaitement à la vie quotidienne. Il sont basés sur :

1- Les Relaxations Dynamiques : L’essentiel de la Sophrologie

Se relaxer, c'est s'adapter à la situation présente, quelle qu'elle soit, dans sa réalité objective. (Caycedo)

La Sophrologie est beaucoup plus qu’une simple relaxation.

La Relaxation Dynamique consiste en une détente de tout le corps, suivie d’une alternance : temps d’activation (enchaînement de mouvements synchronisés sur la respiration) et temps de récupération.

Les mouvements sont réalisés en état de « conscience sophronique », c’est à dire en état de relaxation entre veille et sommeil.

Ils permettent à l’individu :

  • D’affiner la conscience qu’il a de son schéma corporel,
  • De diminuer le niveau de tension musculaire,
  • D’obtenir une sensation d’apaisement psychologique,
  • De maintenir l’esprit en éveil,
  • De trouver un équilibre au trois niveau de l’être : le corporel, l’émotionnel et le psychique (cf. le ‘Bonhomme Chinois’ de Raymond Abrezol ci-après)
bonhomme chinois sophrologie aurignac

Les techniques de Relaxation Dynamique sont pratiquées debout et assis sur une chaise, sans musique ou autre artifice éloignant l’expérience du quotidien. Elles visent à la mobilisation de nos capacités et au développement d’une plus grande qualité de conscience dans des objectifs à long terme.

2- Des techniques de respirations

3- Des techniques de visualisation positive

La démarche sophrologique privilégie avant tout l’expérience vécue et l’autonomie.

Le sophrologue va guider l’apprentissage des techniques et méthodes qui pourront ensuite être utilisées de façon autonome par chacun dans sa vie quotidienne. La Sophrologie se base sur la répétition des mouvements, des respirations…donc sur un entraînement personnel régulier.

Les trois principes fondamentaux

1 Développer un schéma corporel comme réalité vécue afin d’habiter véritablement le corps « en santé », (re)conquérir une harmonie physique et par extension, mentale.

Nous avons une « image imaginaire » de notre corps et une présentation objective de celui-ci : nous apprendrons à réconcilier les deux.

Il ne s’agit pas tant de se représenter notre corps et de le sentir, mais de le ressentir et de le vivre tel qu’il est réellement.

Ce principe nous permet d’avoir une perception de notre corps en adéquation avec ce qu’il est réellement, ou au moins s’en approcher autant que possible.

C’est par cette appropriation de soi que l’on accède à une meilleure harmonie corps et esprit.

2 Utiliser le principe d’action positivepour développer les « vécus positifs dynamiques » du passé, du présent et du futur, et de modifier la perception des événements.

Découvrir qu’il est possible de vivre autrement en engendrant des « syndromes de réussite ».

Tout vécu (phénoménologique) action ou sentiment positif dirigé vers notre corps ou vers notre mental a des conséquences positives sur l’ensemble de la conscience et sur notre être tout entier.

3 Recourir au principe de réalité objective pour apprendre à voir les choses et les personnes telles qu’elles sont réellement, et pour rester dans la réalité de ce qui se passe.
Faire face sans préjugés aux situations de la vie.
Il s’agit de se fixer des objectifs réalistes et réalisables avec le développement de ses propres ressources et capacités.

Ce que n’est pas la sophrologie

  • De la relaxation : même s’il est utile de savoir se détendre, la relaxation n’est pas une fin en soi en Sophrologie mais plutôt un outil.
  • De l’hypnose : il  n’y a aucune suggestion inductive de la part du sophrologue, la Sophrologie développe au contraire l’autonomie et la participation active.
  • Une sorte de yoga : même si le corps occupe une place centrale dans la Sophrologie, il n’y a ni posture spéciale, ni croyance, ni philosophie en Sophrologie.
  • De l’auto-suggestion : la Sophrologie développe une qualité de conscience ; il ne s’agit en aucun cas de voir la vie en rose ou de s’auto-suggérer que tout va bien.
  • Une méthode magique : ni au niveau des techniques qui s’appuient sur la recherche scientifique, ni dans la pratique qui est un entraînement volontaire et méthodique.
  • Du massage : il n’y a aucun contact physique entre le sophrologue et la personne qu’il accompagne.